Signes vitaux - Les fondations communautaires prennent le pouls des villes canadiennesFondations communautaires du Canada

Sondage d'opinion national

ENVIRONNEMENT LOCAL ET DÉVELOPPEMENT DURABLE

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Dans le cadre de leur programme Signes vitaux 2010, les Fondations communautaires du Canada ont mandaté le groupe de recherche Environics pour réaliser un sondage d'opinion sur la qualité de vie dans les collectivités. Cette année, le sondage visait à évaluer la perception des Canadiens à l'égard de l'environnement et le développement durable, et à savoir qui selon eux était responsable de sa protection et de son amélioration.

Les sondeurs ont posé les questions suivantes :

Sommaire

NOUS POUVONS AGIR, MAIS NOUS MANQUONS DE MOTIVATION

Les enjeux environnementaux, notamment les changements climatiques, les sables bitumineux et, plus récemment, la marée noire dans le golfe du Mexique, continuent de faire les manchettes et interpellent la population canadienne et mondiale. Les choses sont très différentes lorsqu'il est question d'environnement local. Dans toutes les régions du pays, les gens ont généralement une perception positive de la qualité de l'environnement dans leur localité. Peu d'entre eux ont l'impression que la situation empire.

Cela ne signifie pas pour autant qu'il n'y a pas de problèmes. La plupart des Canadiens peuvent identifier au moins un enjeu environnemental local, qui porte généralement sur la gestion des déchets, la qualité de l'air ou de l'eau. Pour eux, la solution à ces problèmes repose en grande partie sur les gouvernements et sur les citoyens. En effet, les Canadiens considèrent qu'eux-mêmes et leurs concitoyens ont non seulement une responsabilité face à l'environnement, mais également les moyens d'agir. Pour eux, les obstacles résident davantage dans la paresse et la résistance à un changement de mode de vie qu'à des entraves externes ou à une absence de leadership.

Les résultats de ce sondage suggèrent qu'il reste encore beaucoup à faire pour attirer davantage l'attention de la population sur les enjeux environnementaux locaux et pour inciter les citoyens à assumer une responsabilité qu'ils reconnaissent avoir et pouvoir endosser.

Cette étude se fonde sur un sondage téléphonique réalisé entre le 19 et le 24 juin auprès d'un échantillon représentatif de 2 000 Canadiens (de 18 ans et plus). Un échantillon de cette taille assure à l'échelle nationale des résultats précis à plus ou moins 2,2 pour cent (19 fois sur 20) et leur validité sur le plan de la représentativité des provinces, des villes de différentes tailles et de la répartition démographique de la population (groupes d'âge, scolarité, etc.).

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Qualité actuelle de l'environnement local

ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DE L'ENVIRONNEMENT LOCAL

Les Canadiens ont pour la plupart une opinion positive de la qualité de l'environnement dans leur localité, en particulier à l'égard de l'eau qu'ils boivent et de l'air, mais également en ce qui a trait à la gestion des déchets, à la protection des espaces naturels (faune et flore) et verts, ainsi que des cours d'eau environnants.

Des sondages nationaux continus menés par Environics démontrent le grand intérêt persistant de la population canadienne à l'égard de l'environnement. Dans la récente étude Baromètre canadien sur l'environnement, plus de sept Canadiens sur dix ont déclaré qu'ils étaient très ou extrêmement préoccupés par les questions comme la qualité de l'air, la qualité de l'eau et les émissions de produits chimiques toxiques dans l'environnement. Ces préoccupations sont cependant davantage axées sur le plan national ou mondial. Les gens posent un regard nettement plus positif sur leur milieu de vie.

Le sondage Signes vitaux 2010 demandait à des Canadiens et Canadiennes d'évaluer plusieurs aspects de la qualité actuelle de l'environnement dans leur localité.1 Dans tous les secteurs, les opinions exprimées ont été clairement plus positives que négatives, en particulier en ce qui a trait à la qualité de l'eau potable (excellente ou bonne dans 80 % des cas) et de la qualité de l'air (74 %) ; seuls cinq ou six pour cent des répondants ont jugé ces aspects de leur environnement local comme étant « médiocres ».

Qualite de l'environnement local

Près de sept répondants sur dix accordent une note excellente ou bonne à la protection des milieux naturels et des espaces verts locaux (68 %), ainsi qu'à la gestion des déchets (68 %), alors qu'à peine dix pour cent d'entre eux jugent ces aspects médiocres. Enfin, plus de la moitié (56 %) des Canadiens accordent une note excellente ou bonne à la qualité de l'eau des lacs, rivières, ruisseaux, fleuves et océans des environs, tandis que seulement 13 pour cent la qualifient de médiocre.

L'évaluation de la qualité de l'environnement local est généralement similaire au sein de la population ; on note cependant des différences notables selon les régions et la taille des localités. La qualité de l'eau potable reçoit la meilleure note en Colombie-Britannique (46 % la jugent excellente, en particulier à Vancouver avec 50 %), alors que Montréal reçoit la note la plus faible (24 %). La qualité de l'air est jugée excellente surtout dans les provinces de l'Atlantique (38 %) et en Saskatchewan (51 %), mais nettement moins à Toronto (12 %) et à Montréal (8 %), où la qualité de l'air est jugée médiocre dans des proportions similaires.

La gestion des déchets est la mieux cotée en Alberta, la moins bien cotée au Manitoba. La protection des milieux naturels et des espaces verts est jugée la plus satisfaisante dans les Prairies, tandis que la qualité des rivières, fleuves, lacs et océans obtient la note la plus forte en Colombie-Britannique et en Saskatchewan, mais la plus faible à Toronto et à Montréal. Pour la qualité de l'air et des cours d'eau environnants, ainsi que la protection des milieux naturels et des espaces verts, les notes sont inversement proportionnelles à la taille des localités ; ce n'est pas le cas pour la qualité de l'eau potable et la gestion des déchets.

Les caractéristiques démographiques n'ont pas d'effet sur l'évaluation de la qualité de l'environnement local, à l'exception du revenu des foyers. Les Canadiens à plus haut revenu se distinguent par une opinion plus positive de tous les aspects de l'environnement local, une différence qui s'explique probablement par le choix de milieux de vie que procure la richesse.

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L'ENVIRONNEMENT LOCAL S'AMÉLIORE-T-IL OU SE DÉTÉRIORE-T-IL ?

La plupart des Canadiens sont d'avis que la qualité de l'environnement local est stable ou s'améliore. Peu d'entre eux jugent qu'il se dégrade.

Parallèlement à une perception généralement positive de la qualité environnementale de leur localité, les Canadiens et Canadiennes considèrent qu'elle reste stable ou même qu'elle s'améliore. Près de la moitié des répondants (48 %) ne croient pas que la qualité de l'environnement local change avec le temps ; les autres sont deux fois plus nombreux (34 %) à affirmer qu'elle s'améliore plutôt qu'elle se détériore (16 %).

De facon generale, la qualite de l'environnement local s'ameliore-t-elle ou se deteriore-t-elle?

Ces perceptions sont similaires partout au pays. Cependant, c'est au Québec (44 %) et dans les provinces de l'Atlantique (41 %) que les gens semblent le plus constater une amélioration. Dans toutes les régions, la proportion de ceux qui jugent que la situation se détériore ne dépasse pas un répondant sur cinq.

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ENJEU ENVIRONNEMENTAL LOCAL LE PLUS IMPORTANT

Les Canadiens identifient plusieurs enjeux environnementaux importants à l'échelle de leur localité. Les trois principaux sont la gestion des déchets, la qualité de l'eau et la qualité de l'air.

On a demandé aux répondants d'identifier (sans suggestions de réponses) quel était selon eux l'enjeu environnemental actuel le plus important dans leur localité. Plusieurs enjeux ont été identifiés, sans qu'aucun ne ressorte vraiment (mention par au moins un répondant sur cinq).

Parmi les enjeux environnementaux les plus souvent cités, on retrouve la gestion des déchets (sites d'enfouissement, incinérateurs, etc.) (16 %), la qualité de l'eau (15 %) et la qualité de l'air (13 %). Suivent un certain nombre d'enjeux mentionnés par moins d'une personne sur dix (pollution des voitures, surdéveloppement et diminution des boisés et de la végétation). Une personne sur cinq a répondu qu'il n'y avait pas d'enjeu environnemental important dans sa localité (4 %) ou qu'elle ne pouvait pas répondre à la question (16 %).

Enjeu environnemental actuel le plus important dans la localite

Selon des données provenant d'une question comparable tirée des sondages Baromètre canadien sur l'environnement menés par Environics en 2007, 2008 et 2009, l'opinion de la population canadienne à l'égard des enjeux environnementaux locaux reste significativement stable depuis trois ans. Au cours de la dernière année, on a constaté une légère hausse (4 à 5 points de pourcentage) des mentions de la qualité de l'eau, du surdéveloppement, de la perte des boisés, de même qu'un déclin de l'attention portée à la qualité de l'air (en baisse de 7 points).

à l'échelle du pays, la gestion des déchets semble davantage préoccuper les citoyens du Manitoba (29 %) et des provinces de l'Atlantique (25 %), alors que la qualité de l'eau semble davantage fondamentale dans les provinces de l'Atlantique (20 %) et les localités rurales (22 %). La qualité de l'air préoccupe tout particulièrement les résidents de la grande région de Toronto (23 %).

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Responsabilité de la protection de l'environnement local

À QUI INCOMBE LA RESPONSABILITÉ ?

Les Canadiens considèrent que la protection de la qualité de l'environnement dans leur localité relève surtout des gouvernements et des citoyens.

Dans le sondage, on a demandé aux répondants à qui incombait la responsabilité d'améliorer et de protéger l'environnement dans leur localité (aucune réponse ne leur était proposée et ils pouvaient donner plus d'une réponse). Aucun acteur particulier n'a fait consensus, mais la grande majorité des répondants considèrent que cette responsabilité revient au gouvernement (66 %) ou aux citoyens eux-mêmes (54 %). En comparaison, ils ont été peu nombreux à mentionner les entreprises et les industries (11 %), les groupes environnementaux (3 %) ou d'autres organismes (5 %). Six pour cent ont affirmé que tous étaient responsables en parts égales de la qualité de l'environnement à l'échelle locale.

A qui incombe pincipalement la responsabilite actuelle de l'environnement dans votre localite?

Les répondants qui attribuent cette responsabilité au gouvernement ont surtout mentionné le gouvernement municipal (44 %), suivi du gouvernement provincial (28 %) et du gouvernement fédéral (16 %).

Les opinions sur cette question sont très similaires à l'échelle du pays, la responsabilité de l'environnement relevant surtout des gouvernements et des citoyens. Les citoyens du Québec ont été plus nombreux à identifier le gouvernement municipal (52 %), tandis que ceux des provinces de l'Atlantique ont plus largement indiqué le gouvernement provincial (39 %). La mention de la responsabilité citoyenne a été davantage le fait des répondants de moins de 45 ans (59 %).

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RETOMBÉES DE L'ACTION CITOYENNE INDIVIDUELLE

La plupart des Canadiens sont d'avis que chaque citoyen peut grandement contribuer à la protection de l'environnement local.

Tout comme ils considèrent que les citoyens ont une responsabilité dans la qualité de l'environnement local, les Canadiens et Canadiennes sont d'avis qu'ils peuvent jouer un rôle déterminant. Près de la moitié des répondants (48 %) affirment que les citoyens peuvent apporter une grande contribution à l'amélioration de la qualité de l'environnement dans leur localité. La plupart des autres (38 %) indiquent qu'ils peuvent apporter une « certaine » contribution. Peu ont jugé que les citoyens ne peuvent apporter qu'une « petite » contribution (11 %) ou aucune contribution (3 %).

Quelle contribution les citoyens peuvent-ils apporter a l'amelioration de la qualite de l'environnement local?

Les opinions sur cette question sont similaires partout au pays ; la conviction de la capacité des citoyens à apporter une grande contribution est cependant plus marquée en Alberta (55 %) et plus faible à Vancouver (42 %). On constate également une dimension générationnelle dans les réponses : les répondants de 18 à 29 ans (53 %) sont plus susceptibles de croire à l'importance de la contribution des citoyens, par rapport à ceux de 60 ans et plus (42 %)

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OBSTACLES À L'ACTION CITOYENNE

On considère que le manque de motivation/de volonté de modifier son mode de vie constitue le principal obstacle à l'action des citoyens pour réduire leur propre impact environnemental, suivi par des obstacles financiers ou logistiques et le manque d'information sur ce qui peut être fait.

Bien que la population considère clairement que les citoyens peuvent contribuer à la qualité de l'environnement, la majeure partie n'est actuellement pas mobilisée ni n'assume cette responsabilité. Dans le sondage, on a demandé aux répondants d'identifier les principaux obstacles à l'action des citoyens de leur localité pour réduire leur impact environnemental (aucune réponse ne leur était proposée et ils pouvaient donner plus d'une réponse).

Confirmant des études antérieures, les répondants ont fourni trois grandes catégories de réponses à cette question. Les Canadiens indiquent principalement un obstacle que l'on pourrait qualifier de « comportemental » ou « motivationnel » (46 %). Cette catégorie englobe les opinions selon lesquelles les gens n'en font pas plus par paresse, manque de motivation, refus de modifier leur mode de vie ou leurs habitudes de consommation, manque de temps ou tout simplement manque d'intérêt.

Ils ont été moitié moins nombreux (22 %) à faire état d'obstacles « structurels », notamment l'impression qu'ils ne peuvent se permettre les coûts supplémentaires qu'entraîne une diminution de leur impact environnemental (achat d'appareils ou de véhicules écoénergétiques, par exemple) ou l'absence de transport en commun ou autres services pertinents (recyclage, par exemple) dans leur localité. Une proportion semblable (22 %) indique que le manque d'information sur ce qu'ils peuvent faire représente l'un des principaux obstacles à l'action citoyenne.

Moins d'une personne sur dix a mentionné d'autres types d'obstacles, notamment le manque de leadership des autorités locales et des gouvernements (7 %) ou encore le fait que l'action citoyenne ne fait aucune différence (4 %). Un répondant sur cinq (18 %) a été incapable de répondre à cette question.

Principaux obstacles a une plus grande action environnementale citoyenne

L'opinion des Canadiens sur les principaux obstacles à l'action citoyenne locale est partagée par l'ensemble de la population. Les plus jeunes, les plus instruits et les plus fortunés sont plus susceptibles de citer des obstacles motivationnels et structurels. Les plus âgés et les moins riches et moins scolarisés sont moins en mesure de proposer des réponses. Les obstacles structurels ont été plus souvent mentionnés en Saskatchewan, tandis que le manque d'information a été davantage souligné dans les provinces de l'Atlantique.

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1 Dans ce sondage, le terme « localité » désigne la ville ou le village où résident les répondants.

 

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