Signes vitaux - Les fondations communautaires prennent le pouls des villes canadiennesFondations communautaires du Canada

2007 National Vital Signs Report [FR]

Commentaire de l’honorable Erminie J. Cohen

À la lecture du premier rapport national des Fondations communautaires du Canada, je me suis rappelé le vieil adage « Plus ça change, plus c’est pareil ». Notre économie est florissante, et notre taux de chômage n’a pas été aussi bas depuis des générations. Pourtant, 20 % de notre population vit dans la pauvreté.

Qu’arrive-t-il à cette société supposée garantir un revenu aux personnes dans le besoin, l’accès à l’éducation, les soins médicaux gratuits, un logement décent abordable et une bonne alimentation ?

Les Nations Unies avaient fait de 1996 l’Année internationale de l’élimination de la pauvreté. Malheureusement, cet objectif a été largement ignoré par les politiciens, les législateurs et la population canadienne. Les Nations Unies nous ont donné la chance de nous rattraper en désignant les années 1997 à 2006 la Décennie pour l’élimination de la pauvreté. Il est triste de constater qu’un an après la fin de cette décennie, l’écart continue de se creuser. Au cours des 25 dernières années, on n’a enregistré presque aucun progrès sur le front de la lutte contre la pauvreté. Pour créer un tissu social solide, il nous faut de nombreux fils. Les dix secteurs clés compilés par les collectivités qui ont participé à Signes vitaux définissent bien ces fils.

L’un de ces fils est le logement adéquat et abordable. On a constaté que sa pénurie provoque de nombreux problèmes sociaux : violence familiale, stress, faible estime de soi, difficultés d’apprentissage. On note également chez les gens « mal logés » des problèmes de santé, de malnutrition notamment. Il a été abondamment démontré que l’accès à la propriété ou au logement subventionné favorise la stabilité. Les locataires en situation de pauvreté déménagent souvent en quête d’un logement plus abordable. Cette instabilité affecte les enfants, qui doivent changer d’école, se faire de nouveaux amis et rompre les liens de quartier. La hausse des frais d’habitation et le manque de logements subventionnés pour les personnes à faible revenu expliquent en grande partie le recours accru aux banques alimentaires. Obligés de consacrer une proportion trop grande de leur revenu à se loger, les gens n’ont plus assez d’argent pour nourrir leur famille.

Comment des enfants présentant des problèmes d’anxiété, de santé, des problèmes sociaux aigus et même de retard dans le développement du langage peuvent-ils apprendre ? Comment peuvent-ils aspirer à une meilleure éducation ou même à un quelconque diplôme dans ces conditions ?

D’autres fils sont essentiels au tissu social, notamment des programmes alternatifs pour les jeunes plus vulnérables, qui ont besoin d’un apprentissage concret, qui ont des habiletés manuelles (essentielles sur le marché du travail actuel et de demain) mal valorisées et mal développées. Nous devons aussi préconiser la prévention sur le plan de la santé, favoriser l’acquisition d’aptitudes parentales et offrir des services de garde abordables. Nous avons aussi besoin, dans notre milieu, de mentors prêts à donner un coup de main. Quelle merveilleuse façon pour les aînés de participer à la société !

L’emploi sera toujours le meilleur programme social qui soit. Mais, l’accès au marché du travail et la réussite exigent un soutien qui permette à la personne d’apprendre et de travailler dans un environnement stimulant et sûr.

Il faut passer à l’action. Au Canada, de nombreuses collectivités dynamiques ont créé des partenariats avec les gouvernements, les entreprises, les organismes communautaires, les personnes démunies et les syndicats. Des citoyens ont lancé leurs propres initiatives locales. Mais, tant que nos législateurs ne considéreront pas la pauvreté comme une priorité politique, le problème persistera au sein de cette génération et des générations à venir. Nous devons sensibiliser l’ensemble de la population de ce pays, en commençant par la tête.

Erminie J. Cohen, sénatrice canadienne à la retraite, Saint-Jean, Nouveau-Bruswick

Signes vitaux
Les fondations communautaires
2008 National Vital Signs Report
Introduction and Summary
Introduction and Summary
2008 National Vital Signs Report
2007 National Vital Signs Report
2007 National Vital Signs Report
2007 National Vital Signs Report
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