Signes vitaux - Les fondations communautaires prennent le pouls des villes canadiennesFondations communautaires du Canada

Rapport national Signes vitaux 2007

DISPARITÉS SOCIO-ÉCONOMIQUES

Commentaires

«Au cours des 25 dernières années, on n’a enregistré presque aucun progrès sur le front de la lutte contre la pauvreté. Pour créer un tissu social solide, il nous faut de nombreux fils. L’un de ces fils est le logement adéquat et abordable. D’autres fils sont essentiels au tissu social, notamment des programmes alternatifs pour les jeunes plus vulnérables, qui ont besoin d’un apprentissage concret, qui ont des habiletés manuelles (essentielles sur le marché du travail actuel et de demain) mal valorisées et mal développées. Nous devons aussi préconiser la prévention sur le plan de la santé, favoriser l’acquisition d’aptitudes parentales et offrir des services de garde abordables. Nous avons aussi besoin, dans notre milieu, de mentors prêts à donner un coup de main. Nous devons sensibiliser l’ensemble de la population de ce pays, en commençant par la tête.» More »

Dr. Erminie J. Cohen, sénatrice canadienne à la retraite, Saint-Jean, Nouveau-Bruswick

En 2005, le revenu familial moyen au Canada s’élevait à 60 600 $, en hausse de 19,3 % par rapport à 2000. Si l’on tient compte de l’inflation, la plupart des familles ont vu leur revenu croître de 6,4 %.22

Ces chiffres masquent cependant une réalité toute autre : depuis 25 ans, le niveau de pauvreté au Canada n’a presque pas bougé. Trop de Canadiens sont pris au piège du cycle de la pauvreté, s’en tirant à peine alors que d’autres réussissent mieux que jamais.

On mesure généralement la pauvreté à l’aide des deux outils suivants:

  • Le SFR (seuil de faible revenu) – une famille est jugée pauvre lorsqu’elle consacre plus de 63,6 % de ses revenus après impôts à la nourriture, au logement et aux vêtements. En 2005, selon cette mesure, 20,6% des familles canadiennes vivaient dans la pauvreté.
  • La MFR (mesure de faible revenu) – une famille est jugée pauvre lorsque son revenu est inférieur à la moitié du revenu moyen des familles de même taille et genre. En 2005, selon la MFR avant-impôts, 21,7 % des familles canadiennes vivaient dans la pauvreté.

Le tableau ci-dessus illustre la proportion de familles canadiennes à faible revenu de 2000 à 2005, calculée selon les deux mesures (SFR et MFR), avant et après impôts. L’évolution depuis 2000 est négligeable.


Source: Statistique Canada 23

Qu’en est-il à plus long terme ? En 25 ans, de 1980 à 2005, le SFR a permis de constater que le taux de pauvreté ne s’est situé sous la barre des 20 % qu’une seule fois, en 1989.


Source: Statistique Canada 24

Le niveau de pauvreté varie énormément selon les régions et atteint des sommets dans les grandes villes. La pauvreté sévit également davantage au sein de certaines populations. En 2000, le taux moyen de pauvreté (selon la MFR) des Autochtones dans les 27 régions métropolitaines de recensement était de 41,7 %, soit près du double du taux général qui se situe à 17,7 %25. Les familles monoparentales et les néo-Canadiens sont également plus vulnérables à la pauvreté.

Il est également intéressant de noter la différence entre les plus riches et les plus démunis de notre société. L’« écart de revenu » mesure le rapport entre les personnes au haut de l’échelle de revenu (au 90e percentile) et les personnes près du bas de cette échelle (au 10e percentile). Les rapports Signes vitaux locaux font état d’une augmentation de l’écart entre riches et pauvres dans la plupart des centres urbains entre 2001 et 2005. Cet accroissement de l’écart confirme diverses autres données nationales qui démontrent une augmentation des inégalités économiques depuis 25 ans.

Passons à l’action

Collectivités dynamiques est un mouvement national qui agit à l’échelle locale pour réduire plutôt que soulager la pauvreté au Canada. Ce programme doit son succès à un partenariat multisectoriel entre citoyens, organismes, entreprises et gouvernements qui, ensemble, proposent des solutions innovatrices aux multiples enjeux liés à la pauvreté. Cette approche permet aux localités d’échanger et de s’entraider. Quatre ans après sa création, le programme Collectivités dynamiques relie 15 centres urbains de la Colombie-Britannique à Terre-Neuve dans son Groupe d’apprentissage pancanadien qui compte notamment sept villes membres du Groupe des éclaireurs (région de Victoria, Niagara, Montréal, Saint-Jean, Edmonton, Calgary et Surrey). Grâce à des partenariats locaux avec 315 organismes sans but lucratif, 209 agences gouvernementales, 106 représentants des milieux à faible revenu, 271 entreprises et 176 autres partenaires clés, le mouvement a permis d’améliorer la situation de 34 000 Canadiens. L’organisme est convaincu que les localités peuvent réduire la pauvreté à condition d’agir de façon multisectorielle, productive et déterminée.

Les Fondations communautaires du Canada aident les fondations membres à explorer les solutions les plus efficaces pour contrer la pauvreté dans leur localité. Les approches sont multiples : à Winnipeg, la fondation communautaire a concentré ses ressources sur une école de quartier afin de vérifier si l’intervention à l’échelle des familles et le renforcement de leur rapport à l’éducation pouvait contribuer à sortir les gens de la pauvreté. À Hamilton, la fondation communautaire a consacré la totalité de ses subventions non désignées à des programmes de réduction et de prévention de la pauvreté, en plus d’assumer le leadership d’un programme multisectoriel de réduction de la pauvreté. Elle a également lancé un fonds de financement social destiné au logement abordable. À Red Deer, la fondation communautaire (en collaboration avec d’autres organismes locaux) aide la communauté autochtone à trouver des solutions à ses enjeux. Ainsi, elle a soutenu l’organisation d’une conférence annuelle visant à renseigner les jeunes autochtones sur le marché du travail et à leur offrir un lieu de discussion sur l’éducation et les toxicomanies. Ces conférences ont donné lieu à des progrès réels. Par exemple, Red Deer est maintenant bien représentée à l’échelle municipale suite à la création d’un poste de responsable des affaires autochtones. Les FCC explorent aussi de nombreuses autres avenues. Ainsi, les FCC ont formé un petit groupe d’information qui, grâce au soutien du gouvernement fédéral, diffusera ses expériences des stratégies de réduction de la pauvreté auprès des quelque 150 autres fondations communautaires au pays.

23 Les données pour la MFR provient des Données fiscales [http://www.vitalsignscanada.ca/rpt2007/table-I-2-a.pdf]. Les données pour le SFR provient de l’EDTR [http://www.vitalsignscanada.ca/rpt2007/table-I-2-c.pdf]. retour
24 CANSIM, Tableau 202-0803 (EDTR). retour
Signes vitaux
Les fondations communautaires
2008 National Vital Signs Report
Introduction and Summary
Introduction and Summary
2008 National Vital Signs Report
2007 National Vital Signs Report
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